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Montréal-Senneterre en train, à faire une fois dans sa vie!

Mercredi 3 juin – 8 h 05. Je suis fébrile. Bien installée dans mon siège, j’attends le départ du train à destination de Senneterre. Un train mythique, laissez-moi vous dire. Un briseur et un créateur de rêves à la fois, ce convoi pour l’Abitibi (ou celui du Saguenay-Lac-Saint-Jean, comme vous préférez, car il se sépare à Hervey-Jonction)… Ce n’est pas tous les jours qu’on a la chance de faire un tel périple.

L'Abitibi-Témiscamingue

Le front contre la fenêtre, je regarde passer les arbres, les vallons, les rivières. Un pont, une chute, un rail abandonné… Combien de gens ont pris ce train avec l’intention de se forger un nouvel avenir? Combien de gens ont quitté leurs terres pour une vie « meilleure » à Montréal ou quelque part en route? Je ne peux m’empêcher de penser à ceux qui sont passés avant moi, retrouvant leurs familles, leurs souvenirs, leurs maisons le temps des vacances ou pour de bon. Je m’en vais découvrir l’Abitibi-Ouest, un coin de pays dont je ne connais rien. Je reste ouverte aux surprises, aux rencontres, aux petits secrets de fabrique qui me seront chuchotés à l’oreille, je l’espère.

Je pars ce matin avec la fébrilité d’un long voyage ou d’une aventure dont je ne connais pas la suite. C’est un peu comme ma ruée vers l’or à moi… Je ne m’étais pas sentie ainsi depuis mon départ pour les Îles-de-la-Madeleine l’été dernier.

Gare centrale de Montréal - Train pour Senneterre - Abitibi-TémiscamingueTrain pour l'Abitibi-Témiscamingue

Dans ma jeunesse, des amis partaient pour cette Abitibi, cette contrée où j’imaginais le bois roi et maître et où tout le monde était minier dans mon imaginaire d’enfant. Quant à moi, je bifurquais toujours un peu avant Mont-Laurier, en route pour Ste-Anne-du-Lac, mon terroir, mes racines à moi. L’Abitibi est donc toujours restée un projet avorté, une inconnue, un « un jour, j’irai » que l’on marmonne, souvent pour les mêmes destinations qui reviennent encore et toujours vers nous avant que l’on ne choisisse d’y succomber.

Cette année, ma Mission Régions 2015 m’a portée sur les routes du Québec afin de découvrir les régions touristiques que je n’avais jamais vues de mes propres yeux et bien que l’année s’écoule beaucoup trop vite à mon goût, j’ai un plaisir fou! La Mauricie, le Saguenay-Lac-Saint-Jean, Chaudière-Appalaches et j’en passe, maintenant l’Abitibi s’est ajoutée à cette liste…

Arrêt à Hervey-Jonction - Train pour l'Abitibi-Témiscamingue Pause sur le train Abitibi-Témiscamingue

Ça y est, c’est vrai, ça prend forme alors que le train se sépare doucement des premiers wagons qui s’en vont vers l’Est. Nous, c’est le nord-ouest vers la frontière de l’Ontario. À 21 heures ce soir, je serai à Senneterre après un voyage de 13 heures à sillonner les rails du chemin de fer du nord au creux de la forêt, des rivières et des réserves les yeux emplis de petites étoiles, comme une enfant, mais une grande enfant de 30 ans toujours aussi émerveillée par le train, la découverte et le dépaysement!

Saviez-vous qu’on fait même du train-stop le long de cette route? Ici et là, le train s’arrête en plein bois pour embarquer un résident ou pour débarquer un vacancier. Les histoires montent et descendent de ce train et nous happent au passage, curieux d’en savoir plus sur ces gens que l’on pourrait même parfois qualifier de personnages. C’est également une excellente opportunité d’en apprendre plus sur les Algonquins qui vivent dans la région et empruntent régulièrement le train pour se rendre dans leurs communautés.

On me questionne sur la présence de cette inconnue qui ne semble pas venir d’ici, sur le pourquoi de mon périple en train. Quand on apprend que c’est par désir de découvrir la région, les portes de la jasette me sont grandes ouvertes, une amitié se forge entre les stations…

Forêt vue du train pour l'Abitibi-Témiscamingue Le train dans une courbe - Abitibi-Témiscamingue Panorama - Lac - Abitibi-Témiscamingue Poteau électrique et lac - Abitibi-Témiscamingue

Si vous avez envie de découvrir l’Abitibi-Témiscamingue et même les racines du Québec, ce voyage en train est un trajet que vous devez absolument faire une fois dans votre vie, ne serait-ce que pour la beauté des paysages, mais surtout pour les rencontres que l’on y fait, pour la gentillesse des gens qui s’y retrouvent et l’aspect mystérieux qu’une arrivée sur les rails peut créer. Croyez-moi, je vous promets que si vous y êtes ouvert, vous repartirez avec des petites étoiles dans les yeux, comme j’avais quand je me suis couchée la première nuit à Senneterre!

Informations pratiques

Le train pour l’Abitibi part de la gare centrale de Montréal à 8 h 15 le matin et arrive entre 19 h 40 à Senneterre. À bord, il y a un service de restauration, mais très léger, donc prévoyez des collations et des sandwiches pour le trajet. Les installations sont confortables avec des sièges qui s’inclinent avec des repose-pieds et tête. Le contrôleur est aux petits soins, n’hésitant pas à venir jaser pour faire passer le temps. Dès qu’il y a un attrait particulier, il nous avise pour ne pas qu’on le rate.

Les sièges du train VIA Rail pour Abitibi-Témiscamingue L'espace dans le train pour l'Abitibi-Témiscamingue - VIA Rail Train pour l'Abitibi-Témiscamingue - VIA Rail

Il n’y avait pas de Wi-Fi à bord lors de mon trajet, mais les prises électriques à chaque rangée étaient fonctionnelles et bien pratiques. Il est possible d’arrêter se dégourdir les jambes et prendre quelques bouffées d’air frais de temps à autre quand le train s’arrête en gare. La toilette était très propre et j’ai été franchement impressionnée par la qualité de l’accueil et de l’information à bord. Le prix du trajet varie beaucoup selon les soldes de VIA Rail, mais il tourne autour de 175 $ pour un aller-retour.

Avez-vous déjà visité l’Abitibi-Témiscamingue ou fait un trajet de train mythique?

Bon voyage!

*J’étais l’invitée de Tourisme Abitibi-Témiscamingue dans le cadre de ce voyage en compagnie de 5 autres blogueurs, mais les opinions exprimées sont les miennes et je ne vous en parlerais pas si ce n’était pas chouette!

 

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27 commentaires

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    Janick bergeron
    3 juillet 2015 à 08 h 02

    Où trouver l’horaire des embarquations? Et, le voyage se fait aller-retour? Je suis de l’abitibi, et j’aimerais faire le trajet pour aller à montréal! Merci pour cet article fort intéressant!

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    andre plamondon
    3 juillet 2015 à 10 h 31

    Il y a 50 ans,j’ai souvenir de ces moments magiques lorsque mes parents me confiait au bon soin du controleur,pour un voyage de plus de 12 hres.Je quittais Barraute,Abitibi,vers les 18 hres. pour Donnacona.J’allais passer l’été de mes 10 ans chez ma grand maman paternelle et revenait a temps pour l’école !Comme vous le dites si bien,le train faisait des arrets ici et la pour faire monter des travailleurs forestiers et des autochtones qui,bien évidemment,faisaient la fete une bonne partie de la nuit !
    Quel voyage magnifique et surtout,merci de m’avoir permis de faire un voyage dans mes si beaux souvenirs d’enfance 🙂 !

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      Jennifer Doré Dallas
      7 juillet 2015 à 09 h 14

      C’est fou comme ça reste ancré dans nos souvenirs! Merci d’être venu me raconter ça!

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    Dion France
    4 juillet 2015 à 02 h 33

    C’est de valeur que le train arrête à Senneterre. Moi je reste à Macamic et je vois passer le train à toutes les jours mais c’est seulement le train de transport, il arrête à La Sarre. Je vous trouve chanceuse d’avoir pu essayer le train des passagés. J’ai embarquée une fois, j’avais 4 ans et j’ai 66 ans.
    Je suis contente pour toi Bye et merci pour les belles photos.

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    Danielle Gauthier
    4 juillet 2015 à 07 h 38

    ca me rappelle mon jeune temps quand je deemeurais a La Reine 16 heures de train pour y aller

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    pierre bronsard
    5 juillet 2015 à 04 h 49

    bonjour je suis retraiter depuis 2003 du cn moi et mon freres JEAN ont est aller au festival du forestier de SENNETERRE et on est aller visiter l exposition ferrovieres que mrs CLAUDE CHARTRANT nous a conseiller d aller voir tres intéresent nous avons fait un tres beau voyage nous allons nous reprendre l an prochain

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    Sylvie Coulombe
    5 juillet 2015 à 10 h 04

    Quelle belle façon de découvrir les changements de paysages entre Montréal et l’Abitibi! Le train,…mon grand-père y a travaillé pour le CNR toute sa vie, ça me rappelle l’odeur du créozote du chemin de fer. J’ai eu la chance de faire le grajet Malartic-Québec avec les majorettes à l’époque où ce mode de transport était plus populaire et accessible. L’idée de reprendre le train juste pour le plaisir…pourquoi pas! Bienvenue en Abitibi via le train à la condition d’avoir un ami qui vous attend à la gare de Senneterre où de louer une voiture afin de pousser la découverte de cette belle région un peu plus loin!!!

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      Jennifer Doré Dallas
      7 juillet 2015 à 09 h 12

      Merci Sylvie, c’est tellement ancré dans nos souvenirs de grands voyages comme ça quand on est jeune! C’est vraiment une belle expérience que je referai!

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    Sylvie Bernier
    17 juillet 2015 à 08 h 56

    Merci Jennifer! Tu me ramènes plusieurs année en arrière où, à 13 ans, chaque mois pendant un an, je quittais Amos en train pour me rendre à Cap Rouge. Je quittais à la fin de la journée d’école et je fais l’aller-retour en 48 heures! 2 nuits de suite sur le train, c »était quelque chose !!! Pleins de beaux souvenirs, de rencontres et d’expériences.Chaque voyage apportait, entre autres, l’excitation de passer sur le tracelle juste avant Cap Rouge ! Je suis contente de savoir que le trajet Montréal-Senneterre existe toujours.

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    Karine
    15 février 2016 à 12 h 59

    Moi qui est native de l’abitibi , j’ai connu mon amoureux par l’entremise de l’internet en 2001 et il demeure près de Joliette, en début février 2002 il viens me chercher en camion avec son père pour revenir moi et mon chum en train Joliette-Senneterre aller-retour pendant une semaine (mes parents habitent là) et ce fut un très beau voyage et wow de très vraiment beaux paysages. Oui si c’était à refaire , je le ferais volontiers.

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    Diane A
    15 février 2016 à 06 h 44

    Salu c’est combien pour aller Senneterre mtl 2 adultes aller retour

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    Roger Perron
    15 février 2016 à 08 h 42

    Moi je prennais le train a montreal mais transfer a valley jonction pour le lac st jean oui quel tres beau souvenir

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    Valerie Hardy
    9 juin 2016 à 07 h 46

    Dans les années « 30, mes grands-parents sont arrivés par train pour coloniser l’Abitibi. La liaison MTL – Senneterre en train, à faire une fois dans sa vie pour décrocher en pleine nature!

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    Sous le charme du Refuge Pageau
    1 août 2016 à 12 h 01

    […] Montréal-Senneterre en train, à faire une fois dans sa vie! […]

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    Monique
    2 août 2016 à 09 h 40

    J’avais onze ans quand j’ai pris le train pour la première fois. Pour un baptême du rail, c’en était tout un. Partis de Chambord, au Lac-St-Jean, à 6h du matin, nous arrivions à Québec à 16h. En tant que famille qui allait coloniser un coin de l’Abitibi, nous avions droit à une chambre au Château Frontenac pour nous rafraîchir, chambre que nous avons très peu vue, préférant visiter la vieille ville. À 19h, nous remontions dans le train, direction Harvey Jonction où se scindait le train, une partie se dirigeant vers Montréal, l’autre vers l’Abitibi. Après un arrêt à Senneterre, départ pour l’étape finale, Barraute, où nous arrivions à 11h30. 28h30 en train! Mes souvenirs : les maisons et les autos miniatures vues du haut du « tracel » de Cap-Rouge, les lacs innombrables, les arrêts fréquents pour laisser monter ou descendre les Amérindiens, les poteaux télégraphiques que nous comptions, mon frère et moi pour passer le temps, les gens rassemblés à la gareour voir arriver les nouveaux colons… et quantité d’autres souvenirs. Merci de m’en faire revivre par votre beau texte.

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    Coups de coeur gourmands en Abitibi-Témiscamingue
    3 août 2016 à 12 h 02

    […] Montréal-Senneterre en train, à faire une fois dans sa vie! […]

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    pierre tremblay
    13 octobre 2016 à 10 h 38

    Prendre ce train pour se forger un nouvel avenir…C’est ce qu’ont vécu mes parents. Quitter La Tuque pour Clova en 1946…avec un enfant de 9 mois. Pour ouvrir un village de la C.I.P (canadian international paper)…Y travailler comme épicier-magasin général qui fournissait les  »chantiers » de coupe de bois pendant 9 ans. Clova ,le Mile et demi, le 26…ma premiere école,,,les feux de forets… les orignaux qui faisaient trembler la maison la nuit…les loups qui mangeaient mes lapins…Georges Desaulniers qui nous donnait des patisseries a la’cookerie » au retour de l’école. La gare de Clova d’ou le merveilleux nous arrivait par train.Mon oncle Albert draveur… Le dimanche ; manger dans les  »camp »de bucherons…des tablées longues a pus finir…Le Dr.Rivard ce médecin-pionnier a tout faire qui couvrait tout ce territoire.Et le train qu’on prenait pour La Tuque ( un bras cassé, une opération)Le train au coeur de tout.C’était au temps ou l’écrivain Yves Beauchemin était encore un  »p’tit gars »qui habitait l’autre bord de la  »track », dont j’étais secretement amoureux de la soeur…Merci de me permettre ces souvenir.Quel beau reportage, ca ma donné l’envie de re-prendre ce train …et d’aller jusqu’a Senneterre l’été prochain …revoir ces paysages majestueux.

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      Jennifer Doré Dallas
      13 octobre 2016 à 10 h 43

      Vous me donnez tellement de frissons ce matin. Ce sont des gens comme vous qui me donnent la flamme de continuer! Merci, merci, merci pour ce beau commentaire. Et svp, tenez-moi au courant si vous le refaites!

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    Qui sont les dinos de la blogosphère voyage francophone ? - Taxi-Brousse
    23 mars 2017 à 10 h 51

    […] que j’aimerais que tout le monde lise : Je pense que j’aurai toujours un faible pour celui-ci. Sinon, celui-là, qui qui me touche encore et encore, que je relis régulièrement, mais qui est […]

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