Rivière de Kampot, Cambodge
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Je passe aux aveux…

Non, ce n’est pas parce que je n’ai pas assez dormi, mais je suis fatiguée et je ne me le pardonne pas. Depuis des années que j’en rêve de ce voyage, d’être sur la route, libre comme l’air, ce sentiment que seul le voyage peut m’apporter, et m’y voilà! Depuis sept mois, je suis sur la route et je savoure chaque instant, chaque ville, chaque pays, chaque expérience. Je vois des choses indescriptibles, je sens, goûte, touche à tout plein d’éléments incroyables et je réalise bien ce que je suis en train de vivre. J’inscris des pages à mon histoire, des souvenirs dans ma mémoire…

Rivière de Kampot, Cambodge

Mais depuis quelques jours, des émotions que je veux refouler remontent à la surface. De plus en plus, même si je ne veux pas les écouter…

C’est la première fois que je suis en voyage et que mon homme m’attend à la maison. J’ai toujours voyagé en étant célibataire quand je partais pour de longues périodes. Cette fois, il est là-bas, il m’attend, il me manque, surtout depuis qu’il est venu me rejoindre un moment en Thaïlande et que je sais qu’il vit des moments difficiles.

C’est la première fois qu’un certain confort me manque, que j’ai envie de dépenser un dollar ou deux de plus pour avoir un lit plus confortable ou une vraie salle de bains, moi qui ai toujours voyagé au plus petit budget possible sans que cela me dérange d’un poil.

C’est la première fois que j’ai envie de me reposer, de ne rien faire, de regarder le temps passer alors que je me trouve dans une nouvelle ville, un nouveau pays, un endroit à découvrir.

Je me sens coupable. Je dirais même que j’ai un peu honte. Est-ce parce que je vieillis? Parce que je m’ennuie de ceux que j’aime? Parce que j’aurais besoin de revenir aux sources quelques jours avant de repartir? Parce que j’ai changé? Je ne sais pas pourquoi je me sens ainsi… J’ai laissé passer le temps, je me suis dit qu’en m’écoutant, en me reposant, ça passerait.

Ça ne passe pas vraiment, pas complètement…

Avez-vous déjà vécu de pareils moments sur la route? Est-ce que ça a passé?

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14 commentaires

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    Mario Dubé
    26 septembre 2013 à 11 h 29

    Il n’y a pas de honte à avoir. Je crois qu’il faut accepter les émotions comme elles viennent… et s’écouter soi-même ! Déjà c’est bien que tu puisses écrire à ce sujet et en parler. Bon courage et prends soin de toi !

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    Laurence - Le Fil de Lau
    27 septembre 2013 à 05 h 34

    J’ai lu un jour que savoir partir, c’était aussi savoir revenir. Les sirènes te rappelleraient-elles au port ?

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    Catherine B.
    27 septembre 2013 à 06 h 08

    Je pense également qu’il n’y a aucune honte à avoir! C’est bien normal que tu aies hâte de rentrer à la maison, auprès de ton amoureux et dans le confort de tes habitudes. Tu as déjà eu une belle audace de partir plusieurs mois! J’ai toujours pensé que rien n’est parfait dans la vie et que peu importe nos décisions, il y aura toujours des points très positifs, et d’autres plus difficiles. Tu as fait le choix de vivre ton rêve et c’est tout à ton honneur! Mais bien sûr, tu ne pouvais pas parcourir le monde toute seule et être auprès de ton homme en même temps. Mon dicton favori: tu ne peux pas avoir le beurre, l’argent du beurre et Justin Bieber. haha!! Sérieusement, vis tes émotions pleinement! Le retour approche… et il te restera encore plusieurs endroits à découvrir, peut-être pour de plus courtes périodes les prochaines fois?

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      Jennifer
      29 septembre 2013 à 03 h 31

      Quel horrible dicton lol, mais merci de tes bons mots 😉

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    Mawoui
    27 septembre 2013 à 07 h 55

    Voilà une belle réflexion ! Intègre, vraie, juste, emplie de questionnements, de doutes, d’incertitudes, sinon d’avoir laissé tranquillement le voyage te traverser, te faire et te défaire, avec le lot d’inconnus qu’il a semé en toi ! Bravo pour cette réflexion mature, sensible et pleine d’authenticité. Ce n’est ni le temps, ni le nombre de pays qui fait qu’un grand voyage est réussi ou non. Peut-être bien la certitude d’être allée y puiser ce qu’on avait envie d’y puiser en composant avec la part d’inattendu qu’on y découvre …

    Seule dans ma tente dans les Rocheuses, j’ai un jour entendu ces mots de Bélanger :
    « J’ai gagné des villes en espérant m’y rencontrer, mais je n’étais jamais au rendez-vous, je n’étais pas, là où je devais être » (La collision)

    Simplement. J’ai pris un bus jusqu’à Vancouver, un avion et puis je suis rentrée. Un mois plus tôt. Voilà.

    Bravo d’être à l’écoute de tout ce qui te traverse et dans la foulée de tout ce qui est si nouveau d’arriver à percevoir ce qui pour TOI devient essentiel …

    xxx

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      Jennifer
      29 septembre 2013 à 03 h 32

      Oui, je comprends bien ta situation, tu as bien fait de t’écouter, c’est vrai qu’il faut apprendre à se faire plaisir (pas juste en se payant des gâteries), mais bien en s’écoutant, en se confiant à soi-même, etc.

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    guide-australie.fr
    3 octobre 2013 à 04 h 08

    Je te comprends, et ça arrive à tout le monde. Un petit coup de blues, tes proches te manquent, ton petit confort aussi.
    Je peux te dire qu’après plusieurs mois dans un van en Australie, je commençais à trouver le temps long et un bon lit dans une chambre climatisée, j’en rêvais.

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      Jennifer Doré Dallas
      14 octobre 2013 à 10 h 39

      Ah oui, pour ça, dans un van on doit trouver le temps long après un moment même si c’est vraiment une expérience que je voudrais vivre!

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    Manu @ VoyageAvecNous
    26 octobre 2013 à 09 h 58

    Belle réflexion. Et oui avec le temps les amis, la famille ou les amours manquent.

    On a beau passer de bons moments c’est dur quelques fois. Courage

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    annick
    7 novembre 2013 à 10 h 05

    Je viens de lire ton article, et je comprends très bien ce sentiment, ça n’a rien à voir avec l’âge, ni avec une certaine lassitude, chez nous ( en Alsace ) nous avons un mot pour ça « Heimweh » ce qui veut dire avoir le mal du pays, ça peut arriver juste après deux semaines de voyage, mais ce sentiments ne perdure pas ! et puis …laisser quelqu’un de très proche derrière soi, n’est pas toujours simple, Moi….je ne l’envisage même pas, mon grand voyage pourrai s’intituler « jamais sans mon homme ! » Et ce n’est pas parce que l’on est sur la route en voyage qu’il faut toujours être bien, réceptif, avoir l’air de « kiffer » 24h sur24h, c’est ne pas être sincère, nous ne sommes pas toujours maître de nos émotions et états d’âme. Le principal c’est d’avoir des émotions ……..
    bonne continuation :-))
    @ bientôt à Montréal

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      Jennifer Doré Dallas
      7 novembre 2013 à 07 h 52

      Merci Annick, tu as bien raison, la vie est faite de hauts et de bas, les voyages aussi et c’est normal. Maintenant que je fais le point, je ne me souviens même plus des mauvais! 😉

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