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Le Nunavik

Nunavik. À la seule pensée de cet endroit, mon cerveau s’emporte et mon esprit vagabonde de souvenir en souvenir, parfois merveilleux, parfois inimaginable. Je rédige d’ailleurs cet article au beau milieu d’une tempête de neige d’une ampleur incroyable. Jamais je n’aurais pu envisager de vivre une telle expérience. C’est impensable, je n’arrive même pas à voir les bâtiments de l’autre côté de la rue. Après quelques mètres seulement, mon collègue disparaît dans le blizzard…

Mon Dieu! Toutes ces histoires à propos de la météo nordique sont donc vraies. À l’époque, un de mes enseignants nous avait raconté que dans certains villages où il travaillait, les gens attachaient des cordes entre les maisons pour ne pas se perdre en traversant la rue (que dis-je! L’étroit chemin qui les sépare serait une description beaucoup plus appropriée). Aujourd’hui, je n’ai nul autre choix que de le croire. On n’y voit rien! L’Internet ne fonctionne plus, la télévision non plus, on se sent vraiment contraint et à la merci de dame Nature. Il fait si mauvais qu’aucun avion ne peut décoller, ni même atterrir. Tout le monde attend, le village est presque mort, comme si quelqu’un avait appuyé sur Pause le temps d’une journée. Chocolat chaud à la main, musique traditionnelle en fond de scène, je regarde tomber les flocons, envoutée et charmée par cette tempête.

Heureusement, le Nord québécois n’est pas toujours comme ça! Loin des contrées exotiques habituelles, le Nunavik offre un paysage tout à fait unique et magnifique. Du côté de la baie d’Hudson ou de la baie d’Ungava, chacun des 14 villages inuits offre un paysage à couper le souffle. Toundra, fjord, rivière, rochers sculptés habilement par le vent, vallée montagneuse avec des marées pouvant atteindre près de 50 pieds de hauteur ne sont que quelques exemples démontrant la richesse du spectacle qui s’offre à nous.

À Kuujjuarapik, par exemple, une plage de sable fin quasi parfaite s’étend tout au long du village. Dommage que la température de l’eau frôle les 0 degrés! Amateur de surf ou de cerfs-volants, vous serez servi; il n’est pas rare de constater des vents atteignant 60 km/h et même plus. Cet endroit reste bien différent cependant. Ici, les Cris, les Inuits et les blancs se côtoient sans chichis. Tout le monde y trouve son compte. C’est également un des rares villages où vous trouverez de l’alcool au petit bar du coin. Tous les autres villages inuits, à l’exception de la capitale (Kujjuuaq), sont dits secs, soit sans alcool.

J’ai également découvert la semaine dernière le village inuit de Sanikiluaq, qui se situe en plein cœur de la baie d’Hudson, sur les Îles Bercher, mais qui appartient au territoire du Nunavut. Quel spectacle lorsque nous y arrivons! De la glace blanche à perte de vue! En forçant la note, nous arrivons à distinguer un certain relief, mais rien de précis. Nous supposons alors que le début des îles s’offre à nous. Nous cherchons, cherchons… le GPS nous indique que la piste est directement devant nous, mais nous ne la distinguons pas, pourtant il fait grand bleu dehors. On se rapproche un peu plus, et pouf, une grande ligne noire sur fond blanc apparaît devant nous, juste au bout du minuscule village de 947 habitants. Nous nous posons sans pépin, impatients de se promener et de découvrir ces trois rues s’offrant à nous.

La première chose qui nous happe en descendant de l’avion est l’accueil et le sourire des habitants. Tout le monde court pour venir nous donner un coup de main. Lucy nous aide avec nos valises et nous fait visiter le village avant de nous conduire à l’hôtel. Mais, surprise, l’hôtel ressemble plutôt à un dortoir et nous devons partager la chambre avec quelqu’un d’autre. On m’avait dit que ça pouvait arriver dans le Nord, mais je ne l’avais pas encore vécu. Jusqu’à présent, j’avais toujours eu une chambre à moi seule.

Je dois préciser que la plupart des villages du Nunavik sont désormais munis d’un hôtel appelé COOP, qui offre un luxe impensable pour ces régions : chambre individuelle, télévision par satellite, Internet, cuisine commune et surtout, une propreté quasi irréprochable. Vraiment très bien comme logement!

Pour revenir à Sanikiluaq, après avoir marché un peu moins d’une heure, le tour du village est complété. Il est 16 heures, le jour achève déjà et, au loin, je distingue deux phares de motoneige. Quelqu’un peut-il m’expliquer d’où elles arrivent comme ça? Dans cette direction, c’est pourtant la baie d’Hudson avec de l’eau à perte de vue! À n’y rien comprendre!

Pour les amateurs d’art inuit, la légende dit que Sanikiluaq est LA place pour se procurer les statues en pierre de savon. Je n’ai pas eu la chance d’en voir beaucoup, mais celles que j’ai vues étaient très jolies. Sinon, vous en trouverez à d’autres endroits, mais semblerait-il qu’elles sont de moins bonne qualité. Pour ce qui est des Inukshuks, il est possible d’en trouver un peu partout en demandant aux villageois de nous envoyer les bonnes personnes à notre hôtel.

Voilà, avant de vous quitter, je ne peux passer sous silence l’un de mes villages coup de cœur, celui de Kangiqsualujjuaq, communément appelé George River. Le long de la baie d’Ungava, entre Kuujjuaq et le Labrador, se situe ce petit village encastré dans les vallées où il est possible d’admirer un panorama à couper le souffle. La marée atteint le centre du village, créant des paysages en constante évolution, tous plus beaux les uns que les autres.

Amateurs de plein air, vous avez de quoi être servi! Imaginez un territoire arctique vierge qui regorge de cours d’eau, de montagnes, de toundra et de taïga! Promenez-vous en kayak sur la rivière Koroc ou escaladez la chaîne de montagnes des Torngat où l’on retrouve le mont d’Iberville, le plus haut sommet du Québec. Des balades en traîneau à chien, des forfaits de pêche (surtout pour l’omble chevalier (artic chow)) et de chasse (caribou) sont également disponibles. Il ne manque que vous!

Je l’ai souvent dit et je le répète, l’hospitalité, la chaleur et le sourire du peuple inuit sont un phénomène à découvrir. Vous ne serez pas déçu!

Bon voyage…

Véronik

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