Poutine au schnitzel de Bangkok
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Un monde en poutines

La poutine, symbole québécois, pour le meilleur et pour le pire. Pour ma part, j’aime la poutine. Par conséquent, au cours de mes voyages, je reste à l’affût de ce plat, afin de combler et ma curiosité et ma faim. Avant d’aller plus loin, je vous suggère la lecture de ces articles (1 et 2) sur la poutine dans le monde.

À la recherche du précieux fromage

Tout d’abord, quand on parle de poutine à l’étranger, un constat s’impose : peu de restaurants en servent. Alors, pour en manger une, vous devrez fort probablement la préparer vous-même. Ce que j’ai fait à maintes reprises, dans divers pays. La conclusion de mes expériences? Trouver un fromage approprié représente l’obstacle principal à la réussite d’une telle entreprise. Conclusion particulièrement vraie dans de nombreux pays asiatiques, où le fromage ne constitue pas un aliment très commun. Oh, il y en a, du fromage : après tout, on peut acheter de la pizza dans pratiquement tous les pays de la région. Non, le problème réside dans le fait que les fromages disponibles là-bas ont tendance à fondre trop vite. La savoureuse harmonie fromage-sauce ne peut alors se réaliser.

Poutine de Bangkok

Poutine de Bangkok

 

Par contre, en Europe, tomber sur un fromage approprié ne pose aucun problème. Avec autant de variétés de fromages, le ou la « poutinophile » aura l’embarras du choix. Détail à ne pas négliger : la texture du fromage revêt une grande importance. Ainsi, un brie ne donnerait pas une poutine très satisfaisante.

Le secret est aussi dans la sauce

Quant à la sauce… en Asie, vous aurez sans doute plus de difficulté à découvrir une sauce adéquate. Je recommande donc une sauce à base de tomates, afin de préparer une poutine italienne. C’est sans doute ce que l’on peut espérer de mieux, dans cette région. En Europe, continent de toutes les sauces, vous aurez encore une fois l’embarras du choix.

Frites alors

Pour ce qui est des frites, eh bien, elles prolifèrent partout. Alors soit vous les achetez et vous les emportez avec vous, soit vous les préparez vous-même. Cette dernière option vous permet d’en choisir la coupe, l’assaisonnement, le degré de cuisson, etc. Un avantage non négligeable.

Poutines autour du monde

Ces précisions données, je vous propose maintenant mes observations sur les poutines que j’ai achetées ou préparées au cours de mes voyages hors Québec.

Carte du restaurant Smoothie Garden à Chiang Mai

Carte du restaurant Smoothie Garden à Chiang Mai

– Allemagne

À Berlin, lors d’un projet de l’organisme Chantiers jeunesse, en 1998, je devais cuisiner au moins un repas pour l’ensemble des participants. J’ai évidemment choisi de leur faire découvrir la poutine. J’avais judicieusement apporté des sachets de sauce à poutine en poudre du Québec. J’ai donc préparé le tout, avec des frites et du fromage locaux, et mes amis y ont goûté. Résultat : un échec. Mes amis français et italien ont aimé, mais les autres n’ont pas apprécié. Bon. Je n’ai hélas pas de photo de ce moment. Il suffit cependant d’imaginer les visages dubitatifs des convives pour visualiser cette scène.

– Belgique

Liège

Au royaume de la frite, la poutine a tout pour devenir reine. Avec des frites aussi fabuleuses, je n’avais qu’à me procurer une sauce et un fromage appropriés. Mission accomplie. J’ai par conséquent cuisiné ici ma meilleure poutine hors Québec ever.

Poutine de Liège

Poutine de Liège

Sprimont

Une poutine italienne créée de mes propres mains; j’ai dû faire les frites, puisque le bucolique village de Sprimont ne compte pas autant de friteries que sa voisine Liège. Un résultat assez respectable pour que je sois fier de le partager avec deux amies néophytes en la matière.

Poutine de Sprimont

Poutine de Sprimont

– France

À Paris, la question du fromage ne pose pas problème, bien au contraire. Par ailleurs, il semblerait que les bars/restaurants The Great Canadian Pub et The Moose servent de la poutine, mais je ne les ai pas essayées. J’ai plutôt choisi l’option maison. Encore une fois, une poutine italienne réussie :

Poutine de Paris

Poutine de Paris

– Italie

Milan, un endroit parfait pour manger une vraie poutine italienne faite avec amour. Un résultat fort satisfaisant. Et montrer comment préparer ce mets à des profanes apporte toujours un réel plaisir.

Poutine de Milan, la VRAIE poutine italienne

Poutine de Milan, la VRAIE poutine italienne

– Thaïlande

Bangkok

Le « Chilli-cheese fries » du restaurant V8 Dinner, sur Sukhumvit Road (à l’intersection de Soi 12), n’est pas une « vraie » poutine et il n’est pas présenté comme tel sur la carte. On pourrait toutefois le qualifier de « presque-poutine ». Du chili con carne remplace la sauce traditionnelle et des tranches de piments jalapeños et du cheddar rehaussent le tout. Délicieux. Un peu plus chère que les autres poutines d’Asie, à 199 bahts (environ 6,35 $ CAN), ce plat mérite quand même un essai. Le goût en vaut le prix!

Le « Chilli-cheese fries » du restaurant V8 Dinner

Le « Chilli-cheese fries » du restaurant V8 Dinner

 

Même si l’un des articles susmentionnés en parle, je ne peux passer sous silence le snack-bar de la très sympathique Onnicha. Probablement le spot à poutine le plus connu d’Asie, grâce à Bruno Blanchet. Endroit idéal pour rencontrer des Québécois et des Canadiens (surtout), le snack-bar est très facile à trouver à partir de Khao San Road (voici la carte du coin). En outre, il se démarque des commerces environnants avec ses drapeaux du Québec et du Canadien. Trois tables attendent les visiteurs, qui peuvent ainsi regarder l’action de la rue en dégustant leur dose de gras.

Le snack-bar d'Onnicha, à Bangkok

Le snack-bar d’Onnicha, à Bangkok

 

Les prix: 99 bahts (environ 3,20 $ CAN) pour une poutine ordinaire, 120 bahts (environ 3,91 CAN) pour une poutine végétarienne (avec champignons) et 130 bahts (environ 4,19 $ CAN) pour une poutine au schnitzel (!). La meilleure poutine de restaurant que j’ai essayée en Asie.

Poutine au schnitzel de Bangkok

Poutine au schnitzel de Bangkok

Chiang Mai

Le Smoothie Garden annonce fièrement de la « Canadian poutine » à 130 bahts (environ 4,19 $ CAN) l’assiette, sur sa carte. Le résultat? Une grande déception. Où était le fromage? Il avait plus que fondu, il s’était vaporisé. J’avais l’impression de manger une frite-sauce. Ce n’était pas mauvais, mais quand un restaurant annonce de la poutine, le client est en droit de s’attendre à une poutine. Enfin. Pour les intéressés, le restaurant est situé sur la rue Moon Mueang, du côté est des fortifications.

Poutine de Chiang Mai

Poutine de Chiang Mai

– Venezuela

Sanare, dans l’état de Lara est certes un joli village andin. Il s’agit aussi du lieu de mon plus lamentable échec en matière de poutine. La sauce en poudre apportée du Québec a rempli son rôle, les frites étaient réussies, mais le fromage… oh le fromage. Même s’il avait la bonne texture, il était beaucoup, beaucoup trop salé. Infecte création.

Poutine de Sanare

Poutine de Sanare

La poutine à la conquête du monde

De toute évidence, la poutine commence à s’exporter de par le monde. Mais malgré la bonne volonté des restaurateurs et des commerçants, les ingrédients appropriés ne sont pas toujours disponibles. Cette situation peut mener à d’amères déceptions poutinesques. C’est pourquoi je vous suggère le truc suivant : apportez dans vos bagages de la sauce à poutine en poudre. Vous aurez ainsi une fondation solide sur laquelle élaborer votre poutine outremer. Et vous goûterez par le fait même un peu du Québec à l’autre bout du monde.

Stéphane
La page à Pageau

 

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6 commentaires

  • Commenter
    Thomas de La Marnierre
    13 mai 2013 à 07 h 02

    La vraie de vraie poutine est presque impossible à obtenir hors de l’Amérique du Nord, car le fromage en grain frais qui est nécessaire est introuvable ailleurs (c’est une invention québécoise aussi, évidemment). Des cubes de fromage ne permettent que de faire des imitations de poutine.

    • Commenter
      Jennifer
      14 mai 2013 à 12 h 00

      Oui, tu as bien raison, mais c’est quand même une bonne consolation 🙂

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    Sebastien
    29 novembre 2014 à 09 h 34

    J’ai ouvert un restaurant a Chiang Mai il y a quelque mois. En effet comme partout à l’extérieur du Québec, le fromage en grain est difficile voire impossible à trouver. Nous utilisons un mélange de cheddar et de mozzarelle en cube. La sauce est faite maison et non d’un mélange en poudre. Si vous passez par Chiang Mai faites un tour, on est pas sorteux.

    Move Up resto bar nimmanheamin road

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    Pierre
    22 novembre 2016 à 04 h 11

    Effectivement, la poutine s’exporte de plus en plus. Parfois c’est bon, parfois une déception. Mais en Europe, et particulièrement en France, la poutine connait de plus en plus de succès, et les restaurateurs arrivent a trouver des produits de bonnes qualité pour préparer leurs repas. Pour exemple, voici un site qui référence beaucoup de restaurants québécois en France et dans le monde oumangerdelapoutine.fr

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