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Ode aux ruelles de Montréal

Hourra! Le printemps est de retour! Il était temps, me direz-vous. Montréal va enfin retrouver ses couleurs verdoyantes et une nouvelle saison touristique va commencer. Aujourd’hui, cela fait quatre ans que je vis à Montréal et mon intérêt pour la ville aux mille clochers ne cesse d’aller grandissant. Pour souligner ces quatre années d’amour inconditionnel avec ma ville d’adoption, je vous proposerai au fil des mois à venir des chroniques sur le tourisme alternatif à Montréal. Des chroniques qui exploreront d’autres attraits que le Stade Olympique ou le Vieux-Port en calèche. Des chroniques qui sauront intéresser autant les touristes extérieurs que les Montréalais eux-mêmes. Parce que oui, être touriste dans sa propre ville, c’est possible!

Pour cette première, je vous propose les ruelles de Montréal. Certaines sont plutôt délabrées, tandis que d’autres sont de véritables bijoux de verdure. Se promener dans les ruelles, c’est un peu comme se retrouver dans une autre époque, dans une autre atmosphère. On s’y remémore notre enfance, on y forge notre identité, on y vit ses premières amours. Par ici la visite!

Histoire des ruelles

Jusqu’à la deuxième moitié du 19e siècle, l’accès aux jardins et cours arrière des habitations montréalaises se faisait généralement par des portes cochères qui ont graduellement été remplacées par l’aménagement de ruelles. Cette nouvelle méthode permettait un gain d’espace dans la construction des habitations serrées. Les premières ruelles de la ville sont apparues dans le quartier Mille carré doré pour ensuite s’étendre au Plateau Mont-Royal et à Villeray, et finalement recouvrir toute l’île – ou presque. Depuis 1960, elles font partie du bien public et sont gérées par l’administration municipale.

Histoires de ruelles

Les ruelles, ces entrailles de la ville, occupent une grande place dans le cœur des Montréalais, et ce, dès leur enfance. C’est là que surviennent les premiers bobos, que s’échangent les premiers baisers, que se jouent les premières games de hockey l’hiver ou de baseball l’été et que s’organisent des ventes de garage destinées à écouler du stock devenu inutile.

L’hiver, il ne s’y passe pas grand-chose. Mais quand le printemps déboule, les cœurs s’emballent, les cours et balcons arrière sont réinvestis et c’est reparti pour un tour. Une ambiance paisible et estivale s’installe, tandis que les cordes à linge reprennent du service et que l’aiguiseur ambulant est de retour. Même les chats, les écureuils et les moufettes se régalent de cette résurrection.

Photo : Lucie Bataille. Tous droits réservés.


Histoires de ma ruelle

Pour moi, les ruelles, c’est parfois – et étrangement – la nostalgie d’une période que je n’ai pas vécue à Montréal. Elles me rappellent mon enfance passée à sillonner les ruelles de mon village situé au fin fond de la campagne française. C’est aussi une manière de décrocher de la ville tout en y restant. Quel plaisir, le samedi matin, que d’évacuer le stress de la semaine en déjeunant sur mon balcon ensoleillé tout en lisant le journal. D’observer la gentille octogénaire d’en face parler de son jardin aux passants intéressés tout en leur offrant un bouquet de basilic. D’épier une grande sœur qui se donne un rôle d’importance en faisant la morale à son petit frère sur une chose sans grande importance. De saisir des bribes de conversation de mes voisins du haut, tandis que, deux blocs plus loin, un voisin nous offre un fond sonore d’Édith Piaf. Si ça, ce n’est pas le bonheur, on n’en est pas loin.

Photo : Lucie Bataille. Tous droits réservés.

Ruelles vertes

Depuis une vingtaine d’années, on assiste à une transformation extraordinaire de certaines ruelles, à l’initiative de Montréalais prenant leur ruelle en main pour en faire un lieu de vie agréable, autant pour eux que pour les passants. C’est avec l’aide de leur éco-quartier, et plus précisément du programme Ruelle verte, qu’un comité de citoyens décide d’embellir et d’entretenir une ruelle. Ils créent ainsi une oasis de fraîcheur défiant toute concurrence aux parcs en termes d’espace vert en milieu urbain!

Traverser une ruelle recouverte de gazon et non d’asphalte, ça peut paraître fou. Et pourtant, c’est bel et bien possible! Au nord du Carré Saint-Louis (sur le Plateau), un comité de citoyens a vu les choses en grand en aménageant une ruelle… champêtre! Bye les graffitis et le béton, bonjour les bacs à fleurs et l’herbe sous les pieds! Un travail acharné s’étalant sur plusieurs années, qui en plus d’avoir des effets bénéfiques sur l’environnement et la qualité de vie, crée un sentiment d’appartenance et relie les voisins autour d’un formidable projet. Tentant, n’est-ce pas?

Photo : Ruelle champête

 

Tourisme de ruelles?

Bien sûr, les ruelles ne sont pas les premières choses que l’on visite en arrivant à Montréal. Et c’est plutôt tant mieux, vous dirais-je. Je ne souhaiterais pas (et je ne suis probablement pas la seule) voir ma ruelle régulièrement prise d’assaut par une horde de touristes venus perturber ma tradition de fin de semaine. Et puis, à bien y réfléchir, les ruelles n’ont rien de touristique en elles-mêmes. C’est plutôt une ambiance à (re)saisir, un détour à faire lors d’une balade, des personnes authentiques à rencontrer, une curiosité montréalaise à contempler dans le respect des habitants du coin.

Connaissez-vous L’Autre Montréal? Ce collectif d’animation urbaine sort des sentiers battus du tourisme de masse et propose des sorties guidées mettant davantage l’accent sur l’aspect social de la métropole. L’une des sorties proposées est d’ailleurs consacrée aux ruelles de la ville et vous permettra d’en apprendre davantage sur cette face cachée de la ville!

Lucie

Photos : Lucie Bataille. Tous droits réservés.

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2 commentaires

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    Aurélien
    16 août 2016 à 08 h 31

    Salut je suis français aussi et j’ai un grand amour pour les ruelles de Montreal, leur coté déglilngué, leur vegetation sauvage, les petites terrasses à l’arriere des immeubles, les arrieres cours tantot soignées tantot non…
    Merci pour ce post, j’ai voyagé à MtL une seule fois mais cette ville m’a marqué.

    Aurélien

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