Le palais présidentiel avant son effondrement par Isabelle Charette Haïti
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Haïti chérie

Au nom de Dieu le miséricordieux, car la terre est odieuse par ici. Je n’ai d’yeux que pour Haïti

Comment, au milieu de cette désolation, rester insensible à ces regards d’enfants?

Paroles d’Haïti chérie par George Moustaki

La plupart des Québécois connaissent Haïti à cause du tremblement de terre survenu en janvier 2010, à cause de la misère noire qui y règne en permanence ou de son peuple qui demande de l’aide au journal télévisé du soir.

Si je dis que je suis déjà allée huit fois en Haïti, on me répond systématiquement : « Ha oui? Pour y faire du travail humanitaire? Ha oui? Tu fais du bénévolat? » Bien non. Si je me suis rendue autant de fois en Haïti, c’est en tant que touriste! Par un concours de circonstances, et ce, dès l’âge de 6 ans, j’ai visité ce pays pour prendre des vacances.

Évidemment, depuis deux ans (et même avant) on se dit que personne n’aurait l’idée saugrenue d’aller sur cette île des Antilles pour relaxer, le tremblement de terre ayant quasiment tout détruit sur son passage. On en a entendu parler et reparler dans les médias jusqu’à plus soif.

Mais aujourd’hui, laissez-moi vous parler des voyages que j’ai faits sur cette terre inconnue de plusieurs.

Parce qu’Haïti, ce n’est pas seulement des gens qui hurlent leur détresse à la télévision, ce n’est pas seulement la misère pure, Haïti c’est aussi la beauté d’un peuple rieur, très rigolo, très clownesque. C’est aussi un peuple fervent de spiritualité, c’est aussi des centaines de toiles multicolores d’inspiration naïve qui nous éclaboussent le visage au détour d’une rue.

Les toiles le long de la route par Isabelle Charette Haïti

Les toiles le long de la route par Isabelle Charette

Un enfant par Isabelle Charette Haïti

Un enfant par Isabelle Charette

 

Lors de ma visite de la superbe ville de Jacmel, les habitants se préparaient pour un carnaval ou un festival et il y avait d’immenses costumes en papier mâché qui séchaient doucement au soleil en attendant un défilé.

Jamel par Isabelle Charette Haïti

Jacmel par Isabelle Charette

 

C’est aussi des plages magnifiques, il faut se rappeler qu’Haïti a déjà été titulaire du titre de « perle des Antilles »; titre qu’il a perdu depuis pour une multitude de raisons. Tout de même, il n’a rien à envier à sa voisine, la République dominicaine, côté plage. Le Club Med y avait implanté l’un de ses premiers villages à l’époque, ce qui n’est pas peu dire.

Ce petit pays, c’est aussi des marchés dont les étals débordent de fruits et de légumes frais. Les Haïtiennes sont des cuisinières hors pair qui sont capables, à défaut de changer l’eau en vin, de changer l’eau en soupe et, ma foi, elle est excellente. Mon plat préféré, le grillot, consiste en du porc frit servi avec du riz aux pois. Un délice que vous pouvez même goûter à Montréal.

La réputation du Barbancourt, le rhum national exporté à travers le monde, n’est plus à faire non plus. À trois reprises, j’ai eu l’occasion de visiter la rhumerie originale située sur la montagne qui surplombe Port-au-Prince. La première fois dans les années 80, elle était alors ouverte au public et on pouvait y faire une visite guidée ainsi que des dégustations. La dernière fois, elle ne l’était plus, mais mon accompagnateur haïtien, moyennant quelques dollars, a réussi à faire plier le gardien pour qu’il nous laisse entrer. C’est de toute beauté de voir ces anciennes cuves servant jadis à la fermentation de la canne à sucre, de voir que les bouteilles de rhum ont été « coulées » dans les murs de ciment créant un vitrail des plus originaux.

La rhumerie par Isabelle Charette Haïti

La rhumerie par Isabelle Charette

 

Je sais bien que ce n’est pas la destination qui attirera les foules même dans les prochaines années, mais pour moi, Haïti, c’est bien plus que ce que je vois à la télévision. C’est le chaos dès qu’on met le pied à l’extérieur de l’avion, ça pue, c’est sale, mais ce pays restera à jamais gravé dans mon cœur et c’est peut-être un peu grâce à lui que j’aime autant voyager aujourd’hui.

Des écoliers par Isabelle Charette Haïti

Des écoliers par Isabelle Charette

La vendeuse ambulante par Isabelle Charette Haïti

La vendeuse ambulante par Isabelle Charette

Le palais présidentiel avant son effondrement par Isabelle Charette Haïti

Le palais présidentiel avant son effondrement par Isabelle Charette

 

Isabelle Charette
voyageasie2011@gmail.com

 

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1 commentaire

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    Hamel Léane
    5 octobre 2012 à 01 h 05

    On voudrait y aller à la suite de cette lecture, voilà une des misères de ce pays ne pas pouvoir recevoir le touriste faute de pénurie de tout, et d’organisation le tourisme serait peut-être une des planches de leur salut,où sont leurs dirigeants….

    ….

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