Conseils pour voyageuses aventurières 5

Dernier conseil de la Globestoppeuse dans la série des meilleurs conseils de sécurité pour baroudeuses :

5) Oser demander de l’aide

Lorsqu’une situation semble se dégrader, on n’a pas toujours le réflexe de demander de l’aide. En tant que personne qui se veut autonome et indépendante, on a plutôt cette tendance à s’isoler et à augmenter notre angoisse. Demander de l’aide, ce n’est pas être faible, c’est plutôt être réaliste, et reconnaître ses propres limites. C’est aussi se donner la possibilité de choisir la personne qui nous offre de l’aide avant que la situation ne soit trop grave, plutôt que de se voir imposer une aide inopportune ou céder sous la panique à des propositions plus risquées.

Pensez-y un moment : vous appréciez sans doute aider les autres, notamment lorsque ceux-ci vous inspirent confiance. Malgré qu’il y ait beaucoup d’arnaqueurs qui utilisent cette tactique pour flouer leurs victimes, la plupart des gens sont prêts à aider pour peu que leur propre sécurité ne soit pas menacée.

Les rues d'Ürgüp par Ömer Ünlü - Flickr

Les rues d’Ürgüp par Ömer Ünlü – Flickr

 

Pour que votre demande d’aide soit la plus efficace possible, certains points sont à considérer.

Choisissez autant que possible la personne à qui vous vous adressez. N’attendez pas que quelqu’un réagisse au hasard ou s’arrête pour vous, allez plutôt au-devant, en étant le plus claire et le moins agressive possible. Évitez de prendre les gens par surprise ou de les toucher pour obtenir leur attention. Pensez à la façon dont vous aimeriez être abordée et à ce qui vous fait offrir de l’aide à autrui dans la vie courante.

Formulez clairement votre demande. Il sera ainsi beaucoup plus facile de vous prodiguer l’aide dont vous avez réellement besoin. Cela vaut pour toutes sortes de situations, tant bénignes qu’urgentes. Par exemple, des passants réagiront beaucoup plus à une personne criant « Appelez la police, appelez la police! » qu’à quelqu’un criant « À l’aide, au secours! », puisqu’il y a une demande claire, active.

Posez rapidement vos limites si la personne souhaitant vous aider les outrepasse. Vous savez comme on a tendance à « trop vouloir bien faire » parfois? Ça arrive à tout le monde. Par contre, avant d’être tout à fait vulnérable, mieux vaut clarifier. « Merci pour les indications, mais je préfère que vous ne m’accompagniez pas. » « Ne me touchez pas, je vais me relever moi-même. »

On peut apprendre à demander de l’aide, c’est une compétence qui vous servira partout dans votre vie, pas seulement pour assurer votre sécurité en voyage!

Pour illustrer ce dernier conseil, une histoire où les rôles sont renversés…

Ürgüp roofs

Les bus de touristes d’Ürgüp par Florasol – Flickr

 

Je venais d’arriver en Cappadoce, à Ürgüp, l’une des villes principales où les bus de touristes déversaient les gens vers les hôtels en attendant les visites guidées des multiples points d’attraction de la région : paysages lunaires, habitations troglodytiques, monticules volcaniques, cheminées de fées.

Ma première journée d’auto-stop en Turquie en solitaire aurait pu mieux se passer. Mon avant-dernier conducteur avait tenu à ce que je l’embrasse puisqu’il me montrait les ruines des superbes caravansérails de la région. Et puisque j’avais la langue percée, ça allait de soi, non?

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Ürgüp par Михал Орела – Flickr

 

Je suis sortie du véhicule et m’en suis éloignée d’un pas ferme en lui faisant signe de partir, me dirigeant vers la route. Premier jour, premier véhicule quitté. Ça dépassait toutes mes statistiques passées. Heureusement, le conducteur suivant avait été tout à fait irréprochable et m’avait déposé au centre de la ville. Il me restait à explorer les environs et à trouver une caverne suffisamment à l’abri pour dormir sans y être dérangée.

J’entrepris donc de me diriger vers l’Office du tourisme local lorsqu’une femme dans la cinquantaine m’aborda en me demandant si je parlais anglais. « Pardonnez-moi, sauriez-vous où se trouve l’Office du tourisme? », ajouta-t-elle. « Oui, c’est par là je crois, je m’y rendais également. Vous venez avec moi? », lui répondis-je. Nous nous rendîmes donc ensemble au lieu convoité, mais il était fermé. C’est alors que nos chemins auraient pu se séparer, mais elle me fit d’emblée une demande : « Vous savez, je suis seule ici puisque j’ai réservé un forfait vacances incluant une semaine à Istanbul, une semaine en Cappadoce et une semaine près d’Izmir, mais j’ignorais que j’allais être avec des groupes différents d’une semaine à l’autre. Je viens d’arriver ici et je n’ai encore rencontré personne de mon nouveau groupe. J’aimerais explorer un peu, mais j’ai peur de le faire seule. Si tu veux, je t’invite à manger au restaurant avec moi, on discute un peu et peut-être pourra-t-on visiter la ville ensemble? »

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Balade par Ömer Ünlü – Flickr

 

La demande était très claire et j’avais du temps devant moi. J’ai donc accepté de me joindre à elle autour d’un repas local. Au restaurant, je lui détaillais le menu, ayant déjà quelques bases en langue turque. Elle me parla beaucoup de sa vie, institutrice anglophone d’origine canadienne et travaillant dans un lycée international à Hong Kong depuis plus de 15 ans. Nous mangeons, nous parlons, nous rions.

Après le repas, nous grimpons la colline au milieu du village pour avoir une vue panoramique sur la région. Quand nous croisons des gens, nous déclinons leurs services touristiques et bavardons un peu avec eux. Il se fait tard. « Je devrais partir maintenant, car si la nuit tombe avant que je trouve une caverne, je pourrais être suivie hors de la ville sans m’en rendre compte. », lui dis-je à ce moment. Sa réponse est sincère : « J’ai un lit supplémentaire dans ma chambre, et j’aimerais t’inviter. Peut-être vont-ils nous demander quelques liras de plus pour ta présence, mais ça ne peut pas être beaucoup. Veux-tu te joindre à moi? ».

Et je demeurai avec elle avec plaisir. La caverne attendrait au lendemain…

Ürgüp

Ürgüp par yepyep – Flickr

 

Ceci clôt mes 5 meilleurs conseils aux baroudeuses :

1) Rencontrer d’autres voyageuses

2) Se préparer mentalement

3) Faire preuve d’assurance

4) Étendre progressivement sa zone de confort

5) Oser demander de l’aide

 

Anick-Marie B.
http://www.globestoppeuse.com

 


À propos de Anick-Marie Bouchard

Auteure de la Bible du Grand Voyageur, Anick-Marie parcourt la planète sur le pouce à la recherche de manières alternatives de voyager. Son projet le plus récent l'a menée à vélo solaire de la France jusqu'au Kazakhstan. Pour en savoir plus, visitez son site Web, son Facebook, son fil Twitter ou son profil Google+.
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